Comment choisir le diamètre de ses gouttières
Deux grandeurs suffisent à choisir un diamètre de gouttière : la surface que la toiture projette au sol et l'indice de pluviométrie retenu par le DTU 60.11. Voici les tableaux de la norme, la méthode de calcul, et l'erreur qui explique la plupart des gouttières qui débordent.
Dernière mise à jour : octobre 2026
Calculateur : le diamètre pour votre surface de toiture
Sortez votre surface de toiture et sa pente, entrez-les ci-dessous : le calculateur applique la méthode et les tableaux du NF DTU 60.11 partie 3 et vous donne la section de gouttière et le diamètre de descente.
Mesurer ma surface sur Simulateur-Toiture.frS’ouvre dans un nouvel onglet : adresse du bâtiment, clic sur le toit, et la surface comme la pente s’affichent — sans échelle, sans monter sur le toit. Revenez ensuite saisir les deux valeurs.
Méthode : tableau 2 et tableau 3 du NF DTU 60.11 partie 3, à 3 l/m²/min et pour une pente de gouttière d’au moins 5 mm/m. Si vous connaissez les longueurs plutôt que la surface, saisissez longueur à l’égout × profondeur horizontale du versant avec une pente de 0 % : la surface collectée est la même.
Le diamètre se calcule, il ne se choisit pas à l’œil
Une gouttière qui déborde pendant un orage n'est presque jamais une gouttière sale : c'est une gouttière trop petite pour le débit qu'elle doit évacuer. Le sous-dimensionnement produit des symptômes précis — débordement en façade sous forte pluie, ruissellement le long du mur, traces d'humidité, infiltrations — et il ne se corrige pas par un nettoyage. Il faut changer de section.
Le calcul est encadré par une norme : le NF DTU 60.11 partie 3 (août 2013), « Règles de calcul des installations de plomberie sanitaire et d'eaux pluviales ». Le DTU 40.5, qui régit la mise en œuvre des gouttières, renvoie explicitement à lui pour le dimensionnement (art. 4.1 et 4.2). Deux grandeurs seulement y entrent : la surface que la toiture projette au sol, et l'intensité pluviométrique retenue par la norme.
L’indice de pluviométrie retenu pour dimensionner une gouttière
La norme ne raisonne pas sur la pluviométrie annuelle d'une commune, mais sur l'intensité d'un orage : la quantité d'eau tombée par mètre carré et par minute, au moment le plus violent de l'averse. C'est cette intensité instantanée qui dimensionne une gouttière. Deux villes qui reçoivent la même hauteur de pluie dans l'année n'ont donc pas forcément besoin de la même section, si l'une reçoit ses pluies en averses brutales et l'autre en crachin régulier.
La norme retient deux valeurs forfaitaires, qui sont des minima :
| Territoire | Intensité retenue | Équivalent |
|---|---|---|
| France métropolitaine | 0,05 l/m²/s | 3 l/m²/min |
| DOM (Antilles, Guyane, La Réunion, Mayotte) | 0,075 l/m²/s | 4,5 l/m²/min |
- On peut dimensionner pour plus que ces valeurs, jamais pour moins : ce sont des planchers normatifs.
- Le DTU précise que les effets du vent doivent être pris en compte si le marché (le devis, le contrat) l'indique. Une toiture très exposée au vent dominant peut recevoir en façade plus d'eau que le calcul de base ne le prévoit.
- La pluviométrie annuelle d'une commune ne remplace pas cet indice : elle sert seulement à repérer les secteurs où l'averse violente est fréquente, et où il est prudent de monter d'une section (voir plus bas).
La surface de toiture qui compte : la projection horizontale
C'est le point qui sépare un dimensionnement correct d'une estimation au jugé, et il est presque toujours ignoré.
La surface qui entre dans le calcul n'est pas la surface développée du versant — celle du couvreur, qui sert à commander les tuiles — mais la surface projetée horizontalement : la longueur relevée à l'égout du toit, multipliée par la profondeur horizontale du versant, de la gouttière jusqu'au faîte. Une pente forte augmente la surface réelle du versant, mais pas la surface collectée : elle ne change donc rien au débit que la gouttière doit évacuer.
| Mesure | Ce que l’on mesure | À quoi elle sert |
|---|---|---|
| Surface développée du versant | La surface réelle de la couverture, mesurée le long de la pente | Commander la couverture, chiffrer un démoussage |
| Surface collectée (projection) | Longueur à l’égout × profondeur horizontale jusqu’au faîte | Dimensionner la gouttière et les descentes |
Le calcul a besoin de deux mesures : la longueur à l'égout et la profondeur horizontale du versant. Pour les obtenir sans monter sur le toit ni manipuler une échelle, le simulateur de toiture en ligne permet de déterminer la surface et la pente d'un toit directement sur internet, à partir d'une vue aérienne : calculer la surface et la pente d’un toit sur Simulateur-Toiture.fr
Pourquoi la pente du toit n’entre pas dans le calcul
C'est le point qui surprend presque tout le monde, et il mérite d'être démonté — parce qu'un calcul qui ignore la pente a l'air faux tant qu'on ne voit pas pourquoi.
L'intensité pluviométrique de la norme, 3 l/m²/min, se mesure sur une surface horizontale : elle dit combien de litres tombent par minute sur un mètre carré de sol. Un versant incliné n'intercepte pas plus d'eau qu'un sol horizontal de même emprise. Il reçoit moins par mètre carré de sa propre surface — le facteur cosinus de la pente — et sa surface est plus grande exactement dans la même proportion. Les deux se compensent au litre près : une toiture de 141 m² à 45° reçoit autant d'eau qu'un toit plat de 100 m², parce que c'est le même mètre carré de ciel.
Ce que la pente change, c'est la vitesse à laquelle l'eau arrive à la gouttière, pas le volume qu'elle doit évacuer. Et la pente qui entre dans le calcul n'est pas celle du toit : c'est celle de la gouttière elle-même, au moins 5 mm/m, à travers la formule de Bazin. Une gouttière posée à plat est d'ailleurs traitée par le DTU comme une gouttière sans pente, avec des formules spécifiques — c'est une cause classique de débordement à section pourtant correcte.
- Le texte normatif est explicite : « BR est la projection horizontale de la largeur du toit entre l'ouvrage de collecte et le faîte », et « A ne tient pas compte des effets du vent » (NF DTU 60.11 P3, § 5.2.1).
- La seule exception prévue par les textes est le vent. Si la couverture est à l'aplomb d'une façade, la pluie battante ruisselle sur le mur et vient s'ajouter au débit : le DTU demande que les documents particuliers du marché l'indiquent, et la NF EN 12056-3 propose alors de compter un débit supplémentaire correspondant à 50 % de la surface de la façade en surplomb.
- En pratique : une toiture à forte pente ne réclame pas une section plus grande, mais une gouttière correctement mise en pente et des crochets plus rapprochés — sur un versant raide, l'eau arrive plus vite et plus fort au même endroit.
Le calcul, en clair : Q = r × A
Le débit à évacuer s'obtient en multipliant l'intensité pluviométrique r par la surface collectée A. En métropole, r vaut 3 l/m²/min : une toiture qui projette 60 m² au sol doit donc évacuer 180 litres par minute au plus fort de l'averse.
Avec une pente de gouttière d'au moins 5 mm/m, la section se détermine ensuite avec la formule de Bazin, lue dans les tableaux du DTU. La norme majore le résultat selon la forme du profil : + 10 % pour une section carrée ou rectangulaire, + 20 % pour un profil triangulaire. À l'inverse, une gouttière posée sans pente (moins de 3 mm/m) n'évacue pas le débit nominal et suit des formules spécifiques : c'est une cause classique de débordement sur une gouttière pourtant correctement dimensionnée.
Diamètre de gouttière : le tableau de correspondance
Le tableau 2 du NF DTU 60.11 partie 3 donne directement la surface maximale qu'une gouttière demi-ronde peut desservir, à 3 l/m²/min et avec une pente d'au moins 5 mm/m. Deux colonnes suffisent à choisir :
| Développé de la gouttière | Section intérieure | Surface collectée maximale |
|---|---|---|
| dev 25 (250 mm) | ≈ 57 cm² | ≈ 35 m² |
| dev 33 (333 mm) | ≈ 113 cm² | ≈ 95 m² |
| dev 40 (400 mm) | ≈ 174 cm² | ≈ 180 m² |
- Ces trois développés — 25, 33 et 40 cm — correspondent aux sections vendues en standard en France : le choix se fait donc dans une liste courte, pas dans un catalogue infini.
- Le « développé » est la largeur de la bande de métal ou de PVC déployée à plat. À section égale, une gouttière carrée ou rectangulaire passe environ 10 % de débit en moins, et un profil triangulaire 20 % de moins : la majoration est déjà intégrée au calcul, mais elle explique pourquoi deux gouttières de même largeur n'évacuent pas la même chose.
Le diamètre des descentes d’eaux pluviales
La section de la gouttière ne suffit pas : c'est souvent la descente qui sature en premier, parce que l'eau de plusieurs dizaines de mètres de gouttière s'y engouffre en quelques secondes. Le DTU donne une correspondance directe entre le diamètre nominal (DN) de la descente et la surface en plan desservie :
| Diamètre nominal (DN) | Surface en plan desservie | Débit admissible |
|---|---|---|
| DN 60 | 40 m² | — |
| DN 70 | 55 m² | 1,8 l/s |
| DN 80 | 71 m² | 2,6 l/s |
| DN 90 | 91 m² | 3,5 l/s |
| DN 100 | 113 m² | 4,6 l/s |
| DN 110 | 136 m² | 6,0 l/s |
| DN 120 | 161 m² | — |
| DN 140 | 220 m² | — |
- Le diamètre ne diminue jamais dans le sens de l'écoulement : une descente n'est jamais plus petite que la conduite qui l'alimente.
- Deux descentes qui se rejoignent additionnent leurs débits : le collecteur commun doit être calculé sur la somme, pas sur l'une des deux.
- Le point noir du parc français : la descente en Ø 60, très fréquente sur les maisons des années 1960 à 1980, ne dessert que 40 m² au sens du DTU. Si la toiture projette davantage, elle saturera à chaque orage quelle que soit la fréquence de nettoyage.
Toiture très arrosée : quand monter d’une section
Les 3 l/m²/min de la norme sont une moyenne forfaitaire, pas une mesure locale. Dans les secteurs où l'averse intense est fréquente — littoral méditerranéen, reliefs exposés, et DOM où la norme passe déjà à 4,5 l/m²/min — monter d'une section au-dessus du résultat du tableau est une pratique courante et prudente, en particulier sur les longues toitures qui n'ont qu'une seule descente.
Ce choix a un coût, mais il se compare à celui d'un remplacement : sur de la gouttière PVC, une section supérieure se paie quelques euros de plus au mètre linéaire, alors qu'une gouttière sous-dimensionnée qui déborde abîme la façade et finit en reprise de maçonnerie.
La méthode, en cinq étapes
- Relevez la longueur de la gouttière à l'égout du toit, en mètres linéaires.
- Relevez la profondeur horizontale du versant, de la gouttière au faîte — pas la longueur du rampant.
- Multipliez les deux : vous obtenez la surface collectée en mètres carrés.
- Comparez cette surface aux 35 / 95 / 180 m² du tableau du DTU, et retenez la première section qui la couvre.
- Vérifiez le diamètre des descentes sur la même base : une gouttière correcte avec une descente Ø 60 sous-dimensionnée débordera quand même.
Trois erreurs qui reviennent sur presque tous les devis
- Prendre la surface développée du toit au lieu de la projection au sol : sur une pente forte, l'écart atteint 40 %, et le résultat annoncé est trop généreux.
- Dimensionner la gouttière mais pas les descentes : c'est la descente qui sature en premier, et c'est elle qu'on oublie de chiffrer.
- Remplacer à l'identique une gouttière ancienne trop petite : le remplacement redonne une gouttière neuve… et les mêmes débordements à l'orage suivant.
Ce que le diamètre change sur le devis
Changer de section se chiffre au mètre linéaire, comme la pose : en PVC, comptez 20 à 70 €/ml fourni-posé selon le profil et l'accessibilité. La différence entre deux sections reste petite au regard du poste accessoires et descentes, qui représente couramment 10 à 20 % du montant final.
Un devis qui annonce un diamètre sans indiquer la surface collectée retenue n'est pas vérifiable. Demandez les deux : la surface en projection, et le diamètre de la gouttière comme celui des descentes. C'est la seule façon de savoir si le dimensionnement a été fait ou recopié d'un devis précédent.
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Questions frequentes
Comment savoir quel diamètre de gouttière il me faut ?
En calculant la surface que la toiture projette au sol (longueur à l'égout × profondeur horizontale jusqu'au faîte), puis en la comparant au tableau 2 du NF DTU 60.11 partie 3 : une gouttière demi-ronde de développé 25 cm dessert environ 35 m², une de 33 cm environ 95 m², une de 40 cm environ 180 m², à 3 l/m²/min et avec une pente d'au moins 5 mm/m. On retient la première section qui couvre la surface calculée.
Faut-il tenir compte de la pluviométrie locale ?
Pas pour le calcul de base : le DTU retient une intensité forfaitaire de 3 l/m²/min pour toute la France métropolitaine et 4,5 l/m²/min dans les DOM, justement parce qu'une gouttière se dimensionne sur l'averse intense et non sur le cumul annuel de pluie. Ces valeurs sont des minima. Dans les secteurs à averses fréquentes (littoral méditerranéen, reliefs exposés, outre-mer), monter d'une section au-dessus du résultat du tableau est une pratique prudente, à condition de vérifier aussi le diamètre des descentes.
La pente du toit change-t-elle le débit d’eau à évacuer ?
Non, pas le volume. L'intensité pluviométrique de la norme (3 l/m²/min) se mesure sur une surface horizontale : un versant incliné n'intercepte pas plus d'eau que son emprise au sol. Une toiture de 141 m² à 45° de pente reçoit exactement autant d'eau qu'une toiture plate de 100 m² — c'est la même surface de ciel, le facteur cosinus de la pente et l'augmentation de surface se compensent. La pente joue sur la vitesse d'arrivée de l'eau, pas sur le débit à évacuer. La pente qui compte dans le calcul est celle de la gouttière elle-même, au moins 5 mm/m. Seule exception prévue par les textes : les effets du vent, que le DTU demande de prendre en compte si le marché l'indique.
Quelle surface de toiture prendre en compte : la surface réelle ou la projection au sol ?
La projection au sol. Le DTU 60.11 définit la surface collectée comme la longueur de la surface réceptrice multipliée par la projection horizontale de la largeur du toit, entre l'ouvrage de collecte et le faîte. La surface développée du versant, celle qui sert à commander les tuiles, est plus grande sur une pente forte mais ne change pas le débit à évacuer. La confondre conduit à surdimensionner la gouttière.
Quel diamètre pour une descente d’eaux pluviales ?
Le DTU 60.11 donne la correspondance : DN 60 pour 40 m² de surface en plan, DN 70 pour 55 m², DN 80 pour 71 m², DN 90 pour 91 m², DN 100 pour 113 m², DN 110 pour 136 m², DN 120 pour 161 m² et DN 140 pour 220 m². Le diamètre ne diminue jamais dans le sens de l'écoulement, et deux descentes qui se rejoignent additionnent leurs débits.
Une descente en Ø 60 suffit-elle pour une maison ?
Elle ne dessert que 40 m² de surface en plan au sens du DTU 60.11. Sur une maison dont la toiture projette davantage, elle saturera à chaque orage, et ce n'est pas un problème d'entretien : c'est un sous-dimensionnement. C'est le défaut le plus fréquent du parc ancien, où le Ø 60 a longtemps été posé en standard.
Changer de diamètre impose-t-il de refaire toute la gouttière ?
Dans la plupart des cas, oui : la section d'une gouttière pendante est donnée par le profil lui-même et par ses fixations, qui ne sont pas compatibles d'une largeur à l'autre. Un remplacement à section égale coûte moins cher, puisque les points de fixation et le support peuvent souvent être réutilisés. Un changement de section, lui, se chiffre comme une pose complète, avec ses accessoires et ses raccords de descentes.
Pour aller plus loin
- Simulateur-Toiture.fr : surface et pente d’un toit sans échelle
- Prix au mètre linéaire, par matériau
- Pose de gouttière : ce que comprend le chantier
- Remplacer une gouttière sous-dimensionnée
- Gouttière PVC : sections, profils et durée de vie
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